Trésorerie
Relancer une facture impayée sans casser la relation
L'impayé n'est presque jamais un refus de payer : c'est un oubli, une facture perdue, ou une trésorerie tendue chez le client. La façon de relancer détermine à la fois si vous êtes payé et si vous gardez le client. Voici une méthode graduée, et ce que la loi vous donne comme leviers.
Avant de relancer : vérifier trois choses
- La facture est-elle arrivée ? Une facture envoyée à une mauvaise adresse ou tombée dans les indésirables reste la première cause d'impayé.
- L'échéance est-elle réellement dépassée ? Le délai légal maximum entre professionnels est de 60 jours à compter de la date d'émission, ou 45 jours fin de mois si le contrat le prévoit expressément. Si vous n'avez rien précisé, le délai supplétif est de 30 jours après réception.
- Le client conteste-t-il quelque chose ? Une réserve non traitée sur un chantier explique beaucoup de retards. Mieux vaut le savoir avant d'envoyer un rappel sec.
Un calendrier de relance qui fonctionne
Trois niveaux suffisent dans l'immense majorité des cas. L'erreur courante est de sauter directement au ton comminatoire, ou au contraire de relancer six fois sur le même ton neutre.
- J+7 après l'échéance — le rappel simple. Ton neutre, hypothèse de l'oubli. On rappelle le numéro de facture, le montant, l'échéance dépassée, et on joint à nouveau la facture. Rien d'autre.
- J+21 — la relance ferme. On rappelle les relances précédentes, on mentionne les pénalités de retard applicables et l'indemnité forfaitaire de 40 €, et on propose une solution : échéancier, paiement partiel. Beaucoup de dossiers se débloquent ici, parce que la proposition d'échéancier donne une porte de sortie à un client en difficulté.
- J+45 — la mise en demeure. Lettre recommandée avec accusé de réception, mention explicite « mise en demeure », rappel du montant principal, des pénalités et de l'indemnité, et délai impératif (huit jours est l'usage). C'est le document qui fait courir les intérêts et qui sera demandé si vous allez plus loin.
Ce que la loi vous donne, et que peu d'artisans réclament
- Les pénalités de retard sont dues de plein droit, sans qu'aucun rappel soit nécessaire, dès le lendemain de l'échéance. Leur taux ne peut être inférieur à trois fois le taux d'intérêt légal (art. L441-10 du code de commerce), et il doit figurer sur vos factures et conditions de vente.
- L'indemnité forfaitaire de 40 € pour frais de recouvrement est due de plein droit pour chaque facture payée en retard par un client professionnel. Elle se cumule avec les pénalités. Sur dix factures en retard, ce sont 400 € que la plupart des artisans ne réclament jamais.
- Le recouvrement des frais réels reste possible au-delà de l'indemnité forfaitaire, sur justificatifs, si ceux-ci sont supérieurs.
Réclamer ces sommes n'est pas agressif : elles figurent déjà sur votre facture, et les mentionner à la deuxième relance rappelle simplement que le retard a un coût.
Après la mise en demeure
Si la mise en demeure reste sans effet, trois voies existent, par ordre de coût croissant :
- La procédure de recouvrement par commissaire de justice pour les créances inférieures à 5 000 €, sur accord du débiteur — rapide et peu coûteuse quand le client ne conteste pas mais tarde.
- L'injonction de payer devant le tribunal de commerce : procédure écrite, sans audience, sur présentation de la facture, du bon de commande ou devis signé et de la mise en demeure. C'est la voie la plus utilisée par les TPE.
- L'assignation au fond, si le client conteste la créance elle-même.
Dans les trois cas, votre dossier vaut ce que valent vos pièces : devis signé, bon de commande, facture conforme, preuves d'envoi et relances datées. C'est la raison la plus concrète de conserver une trace écrite de chaque relance.
État du droit au 14 août 2026. Ce guide n'est pas un conseil juridique : pour un dossier engagé, rapprochez-vous d'un professionnel du droit.
Comment MacroBot traite ce point
MacroBot rédige les relances aux trois niveaux ci-dessus, jusqu'à la mise en demeure en PDF, à partir du suivi des paiements — numéro de facture, montant, échéance dépassée, pénalités applicables. Le message s'ouvre dans votre messagerie : c'est vous qui relisez et qui envoyez. Rien ne part automatiquement, parce qu'une relance envoyée au mauvais moment à un bon client coûte plus cher que l'impayé.
Questions fréquentes
Au bout de combien de temps relancer une facture impayée ?
Un premier rappel neutre environ sept jours après l'échéance, une relance ferme vers trois semaines en mentionnant les pénalités et l'indemnité de 40 €, puis une mise en demeure en recommandé avec accusé de réception vers six semaines. Les pénalités, elles, courent de plein droit dès le lendemain de l'échéance.
L'indemnité de 40 € est-elle automatique ?
Elle est due de plein droit pour chaque facture réglée en retard par un client professionnel, sans qu'aucune démarche ne soit nécessaire pour qu'elle existe — mais elle n'est versée que si vous la réclamez. Elle se cumule avec les pénalités de retard et doit être mentionnée sur vos factures et conditions de vente.
Une mise en demeure doit-elle être envoyée par un avocat ?
Non. Vous pouvez l'envoyer vous-même en recommandé avec accusé de réception. Elle doit porter la mention « mise en demeure », le montant réclamé en principal, les pénalités et l'indemnité, et un délai impératif de paiement.
Pour aller plus loin
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